SECTION SE-Unsa de la MEUSE - 2TER RUE GILLES DE TREVES - 55000 BAR LE DUC
Tél. 03 29 45 16 35 - Fax. 09 59 01 92 05 - Por. 06 07 29 25 59 - 55@se-unsa.org

 
Recul de l’âge de la retraite : c’est NON !
Article publié le mardi 5 avril 2022.
  • Lnk_facebook
  • Lnk_google
  • Lnk_twitter
Alors que les élections présidentielles approchent à grands pas, la question d’une éventuelle réforme des retraites ressurgit dans les déclarations médiatiques de plusieurs candidat·es.
 
 
Force est de constater que ce sujet Ă©minemment complexe est toujours abordĂ© de façon extrĂŞmement simpliste. Pour faire face au dĂ©ficit prĂ©vu du système, une des solutions les plus simples posĂ©e par certains prĂ©tendants Ă  l’ElysĂ©e est de repousser l’âge lĂ©gal de dĂ©part Ă  la retraite Ă  64 ou 65 ans (et donc vraisemblablement Ă  59 ou 60 ans pour les anciens instituteurs relavant des catĂ©gories actives). Pour le moment il ne s’agit que de dĂ©clarations de candidats en campagne, mais un projet de loi dĂ©posĂ© après les prĂ©sidentielles en ce sens serait Ă©videmment un casus belli pour le SE-Unsa et pour son union interprofessionnelle l’Unsa.
 
 
Penser l’avenir des retraites et leur financement
 
Il serait irresponsable de faire abstraction des projections qui dĂ©montrent clairement que l’équilibre financier des rĂ©gimes de retraite français se posera Ă  terme d’une façon ou d’une autre. Le statu quo n’est pas possible, sauf Ă  condamner le système actuel et Ă  abandonner les futures gĂ©nĂ©rations Ă  un triste sort.
 
Toutefois, les façons d’aborder une Ă©ventuelle rĂ©forme ne se valent pas toutes, loin de lĂ . Pour le SE-Unsa et pour l’Unsa, c’est avant tout le financement global du système actuel qui devrait ĂŞtre mis Ă  plat. La confĂ©rence de financement mise en place en 2020 dans le cadre du projet avortĂ© de rĂ©forme du système universel avait au moins le mĂ©rite de poser la question et d’amorcer une rĂ©flexion de fond. Car n’oublions pas que les diffĂ©rentes rĂ©formes subies au cours de ces 30 dernières annĂ©es ont toujours fait porter l’effort sur les salariĂ©s : recul de l’âge de dĂ©part, augmentation de la durĂ©e de cotisation, mise en place de la dĂ©cote, etc.

Pour le SE-Unsa, cet effort toujours Ă  sens unique est insupportable. En cas de rĂ©forme il serait primordial d’envisager d’autres modes de financement, complĂ©mentaires Ă  ceux qui existent actuellement, pour faire face Ă  cet enjeu de sociĂ©tĂ© qu’est la reconnaissance Ă  la retraite d’une vie passĂ©e au travail. 
Pour le SE-Unsa, notre système par répartition, qui nous protège toutes et tous, ne doit pas être remis en cause d’une façon ou d’une autre, en particulier par l’instauration (même partielle) d’un système par capitalisation.
 
L’hypothèse simpliste du recul de l’âge de départ
 
Sur le papier, le recul de l’âge de dĂ©part peut sembler prĂ©senter un double avantage pour Ă©quilibrer le dĂ©ficit des caisses de retraite : d’un cĂ´tĂ© augmenter la durĂ©e d’activitĂ© et donc les cotisations qui entrent dans les caisses, et de l’autre diminuer la durĂ©e passĂ©e en retraite et donc les dĂ©penses. Mais cette vision thĂ©orique fait abstraction de la rĂ©alitĂ© Ă©conomique et du facteur humain, en particulier de ses capacitĂ©s physiques et de son usure (professionnelle ou non). Ce n’est pas parce que l’espĂ©rance de vie augmente que la capacitĂ© au travail en fait de mĂŞme.
 
Comme le souligne l’Unsa* en ce qui concerne les salariĂ©s du privĂ©, dĂ©caler l’ouverture des droits Ă  la retraite n’engendrerait que de faibles gains budgĂ©taires puisque cette mesure provoquerait de facto des dĂ©penses supplĂ©mentaires de chĂ´mage, d’invaliditĂ©, et ne règle pas le problème qu’un senior sur deux n’est pas en emploi au moment de liquider sa pension.
 
Avant de penser Ă  reculer l’âge de dĂ©part, il faudrait dĂ©jĂ  commencer par se poser la question de l’emploi pour tous et des conditions de travail et de santĂ© au travail. Sans oublier le cercle vertueux qui serait induit ainsi car qui dit emploi, dit cotisation, dit baisse du chĂ´mage, et donc dit baisse du dĂ©ficit de la SĂ©curitĂ© sociale (et des caisses de retraites). 
Au final, on comprend aisément que l’hypothèse du recul de l’âge sans prendre en compte la totalité de la problématique est avant tout idéologique.
 
 
 
 
 
ALC