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Retraites : l’UNSA rencontre le 1er Ministre
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Une délégation de l’UNSA conduite par Luc Bérille a rencontré le Premier ministre, le vendredi 5 juillet, dans le cadre des concertations sur la réforme des retraites.

L’UNSA a rappelĂ© son attachement Ă  notre système par rĂ©partition. Cette conviction l’amène Ă  considĂ©rer comme indispensable d’en garantir le financement pour en assurer la pĂ©rennitĂ© et la crĂ©dibilitĂ©.

Pour l’UNSA, cela passe par des efforts justement répartis entre toutes les catégories de la population et des mesures de justice qui en facilitent l’acceptation sociale.

C’est au regard de cet équilibre général des décisions que prendra le gouvernement et de leurs conséquences, que l’UNSA émettra son jugement sur la réforme projetée. Dans cette perspective, l’UNSA a rappelé au premier ministre ses remarques sur les pistes développées par le rapport Moreau.

Pour la fonction publique, le message de l’UNSA est prĂ©cis « Toucher aux 6 mois, c’est non ! » a rĂ©affirmĂ© Luc BĂ©rille. L’UNSA a rappelĂ© son opposition ferme Ă  cette remise en cause du mode de calcul des retraites sur les six derniers mois. Celle-ci n’a aucune justification dès lors qu’à carrière Ă©gale, le taux de remplacement du secteur public est très voisin de celui du secteur privĂ©, comme le rappellent, après le rapport du COR, le rapport Moreau.

L'UNSA a rappelĂ© son hostilitĂ© Ă  toute nouvelle mesure d’âge, qui, dans le contexte actuel de progression du chĂ´mage ne pourraient qu’accroitre les difficultĂ©s des seniors et mettrait encore plus en pĂ©ril les comptes de l’assurance chĂ´mage.

Elle a indiquĂ© qu’au nom du principe-mĂŞme de la rĂ©partition, une Ă©volution, au-delĂ  de 2018, du nombre d’annĂ©es d’activitĂ© nĂ©cessaire Ă  la liquidation des retraites Ă  taux plein pouvait se comprendre pour tenir compte de l’augmentation de l’espĂ©rance de vie. Mais, outre la nĂ©cessitĂ© absolue de son caractère progressif, celle-ci doit rester dans le domaine du rĂ©alisme : Ă  ce titre, l’hypothèse, Ă©voquĂ©e par le rapport Moreau, d’une durĂ©e d’activitĂ© portĂ©e Ă  44 ans, est, pour l’UNSA, inacceptable.

En tout Ă©tat de cause, et a fortiori si la piste de l’augmentation de la durĂ©e d’activitĂ© devait ĂŞtre retenue, l’UNSA demande des mesures de justice permettant de valider des trimestres supplĂ©mentaires pour les jeunes et les salariĂ©s Ă  carrières discontinues : pĂ©riodes d’apprentissage,

  • de formation en alternance,
  • de certains stages professionnels dans le cadre des Ă©tudes,
  • validation plus importante de pĂ©riodes de chĂ´mage non indemnisĂ© (actuellement plafonnĂ©es Ă  8 trimestres),
  • de congĂ©s maladie ou maternitĂ©.

L’UNSA est également favorable à une meilleure prise en compte, pour la durée d’activité, du temps effectivement travaillé, plutôt qu’un pourcentage du smic. Cette mesure permettra aux salarié(e)s à temps partiel de cumuler des trimestres. Rappelons que les femmes sont les plus concernées par le travail à temps partiel, parfois contraint.

Concernant les avantages familiaux et conjugaux, l’UNSA n’est pas hostile Ă  ce qu’ils soient revisitĂ©s, notamment en gommant les aspects proportionnels aux revenus qui favorisent les plus aisĂ©s. Mais l’objectif serait d’amener plus de justice, pas de rĂ©aliser des Ă©conomies : cela implique des ajustements sans diminution de la masse globale des dĂ©penses.

Augmenter les cotisations :

L’UNSA a manifesté son accord à une augmentation des cotisations répartie entre employeurs et salariés progressive mais limitée afin de réduire les effets potentiels sur la consommation et l’emploi (0,1% par an pendant 4 ans).

PrĂ©server les pensions les plus modestes :

L’UNSA a attiré l’attention du gouvernement sur la nécessité de maintenir le pouvoir d’achat des pensions les plus modestes et, donc, fait part de ses réserves sur une désindexation temporaire de l’ensemble des retraites de base.

Concernant les retraitĂ©s, l'UNSA a rappelĂ© son accord pour un alignement du taux supĂ©rieur de la CSG des retraitĂ©s (6,6%) sur celui des actifs, mais sous rĂ©serve que cette recette soit affectĂ©e au financement du risque « perte d’autonomie Â» et qu’il soit tenu compte de l’augmentation de 0,3% dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ©e.

L’UNSA a indiquĂ© qu’elle n’était pas favorable Ă  la remise en cause de l’abattement de 10% pour le calcul de l’impĂ´t sur le revenu des retraitĂ©s, du fait notamment des effets induits par cette mesure qui rendrait imposable un grand nombre de retraitĂ©s.

Elle rappelle sa revendication d’une réforme globale de la fiscalité.

PĂ©nibilitĂ© :

L’UNSA a favorablement accueilli les propositions du rapport Moreau pour la prise en compte de la pĂ©nibilitĂ© qui recoupent sa propre approche. Il s’agit non seulement de prendre en compte la pĂ©nibilitĂ© dans le calcul du temps d’activitĂ© pour un dĂ©part en retraite anticipĂ©, mais aussi de permettre des reconversions pour ne pas passer toute sa carrière, quand cela est possible, en situation de pĂ©nibilitĂ© abrĂ©geant l’espĂ©rance de vie.

La gouvernance dans la durée de notre système de retraite:

L’UNSA approuve l’idĂ©e de fixer un certain nombre d’indicateurs pour permettre des ajustements pĂ©riodiques et non anxiogènes. Toutefois, la dĂ©cision finale ne saurait rĂ©sulter de ratios automatiques mais doit revenir aux politiques. A cet Ă©gard, l’UNSA considère que l’indexation des salaires portĂ©s au compte est la condition du maintien du taux de remplacement des retraites. La dĂ©sindexation aurait, Ă  long terme et de façon dissimulĂ©e, des consĂ©quences très importantes. Pour l’UNSA, il est exclu que cet Ă©lĂ©ment puisse devenir la variable d’ajustement des retraites.

Le premier ministre a indiquĂ© que les ministres concernĂ©es (M. Touraine et M. Lebranchu) recevraient l'UNSA et les autres organisations tout au long du mois de juillet pour examiner tous les points de la rĂ©forme.

 
 
 
 
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