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Formation des enseignants : un cahier au pas de charge !
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Un nouveau projet de cahier des charges de la formation des enseignants a été présenté à la hussarde, au CNESER du 19 mars dernier. Profondément remanié par rapport à la version précédente, il n’a fait l’objet d’aucune concertation.

Présenté en dernière minute, relégué à la fin d’un ordre du jour particulièrement chargé, il a suscité une réaction quasi unanime des organisations syndicales présentes au CNESER. Treize d’entre elles, dont l’Unsa-éducation, ont demandé son retrait de l’ordre du jour. Devant le refus obstiné de la Direction Générale pour l’enseignement supérieur et l’Insertion professionnelle, elles ont quitté la séance avant le vote du texte. En définitive, le projet a été rejeté.

Bâti sur du sable

Ce texte porte en lui tous les travers de la mastérisation. Si on peut y trouver quelques formulations et principes intéressants tels l’initiation à la recherche, le continuum licence/master/début de carrière, le principe d’alternance, il n’en demeure pas moins bâti sur du sable.

Le principe y est rĂ©affirmĂ© en creux, que l’universitĂ© se charge essentiellement des connaissances disciplinaires, scientifiques ou pluridisciplinaires. La dimension professionnelle est rĂ©duite Ă  portion congrue Ă  travers quelques semaines de stages. On Ă©vite soigneusement de parler des formateurs de terrain  et de leur formation. De plus, la quadrature du cercle n’est toujours pas rĂ©solue. Comment prĂ©parer des Ă©tudiants Ă  un mĂ©tier dont on sait que 80% d’entre eux n’auront pas le concours ? Que proposer Ă  ceux qui ne l’ont pas ? Enfin, est instaurĂ© un dialogue recteur/universitĂ© dans une formulation ambiguĂ« laissant Ă  penser que la formation s’adapte aux besoins recensĂ©s par chaque recteur.

Un biais juridique qui ne dit pas son nom

La publication de ce cahier des charges est la suite logique de la proposition de loi du député Jacques Grosperrin visant à modifier le code de l’éducation. En termes clairs, il s’agissait d’enlever toute référence aux IUFM, de confier la responsabilité de la formation initiale aux universités mais pas uniquement.

Le gouvernement tente par ce biais de contourner la « dĂ©cision diffĂ©rĂ©e» du Conseil d’Etat d’annuler pour vice de forme deux articles de l’arrĂŞtĂ© du 12 mai 2010 portant dĂ©finition des compĂ©tences Ă  acquĂ©rir par les personnels du second degrĂ© et fixant les modalitĂ©s d’évaluation et de titularisation des professeurs agrĂ©gĂ©s.

Cela Ă©tant, Ă  ce jour :

- la proposition de loi est dans le circuit parlementaire, au Sénat et n’a donc pas été adoptée

- les parties concernées par la décision du Conseil d’Etat ne se sont toujours pas réunies

Pourtant un nouveau cahier des charges est proposé au CNESER, au HCE, au CSE faisant référence aux articles potentiellement modifiés par la loi Grosperrin.

Le prĂ©cĂ©dent cahier des charges de 2006, avait fait l’objet d’une longue concertation avec les diffĂ©rents acteurs (CDIUFM, CPU, organisations syndicales) Foin de tout cela aujourd’hui. A l’aune de ce que vivent les Ă©tudiants et les stagiaires depuis deux ans, la rĂ©alitĂ© est fĂ©roce. Les ministres sonnent la charge, au diable la cohĂ©rence. Pour eux, enseigner est un mĂ©tier qui s’apprend… sur le tas ! Le SE-Unsa, avec sa fĂ©dĂ©ration l’Unsa-Ă©ducation  conteste cette vision Ă©triquĂ©e et continue de porter un projet cohĂ©rent de formation des enseignants et des personnels d’éducation.

 
 
 
 
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