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École inclusive : vers une nouvelle organisation de l’aide humaine ?
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École inclusive : vers une nouvelle organisation de l’aide humaine ?

 

 mercredi 22 dĂ©cembre 2021

 

La FĂ©dĂ©ration nationale des associations au service des Ă©lèves prĂ©sentant une situation de handicap (FNASEPHF) propose, dans une note envoyĂ©e au ministre fin septembre et rendue publique, de rĂ©organiser l’aide humaine. Si le SE-Unsa partage les prĂ©occupations de la FNASEPH, il s’inquiète de la possible ouverture d’un chantier sans que les conditions, en particulier budgĂ©taires, soient rĂ©unies.
 
 
La FNASEPH demande qu’une rĂ©flexion s’engage autour des notions d’accessibilitĂ© et de compensation Ă  l’école afin de reconsidĂ©rer l’aide humaine actuelle (AESH-M, AESH-I et AESH-Co) agissant auprès des Ă©lèves en situation de handicap et Ă  en proposer une nouvelle organisation.
 
 
Des agents d’accessibilitĂ©
 
La FNASEPH considère que l’aide humaine mutualisĂ©e est insuffisamment dĂ©finie et que cela gĂ©nère des insatisfactions et une inflation exponentielle de la demande d’AESH et propose donc un nouveau cadrage des aides humaines. 
 
Les AESH mutualisĂ©s (AESH-M) et collectifs·ves (AESH-Co) deviendraient des agents d’accessibilitĂ© et seraient en appui Ă  l’environnement scolaire (adaptations pĂ©dagogiques, mise en accessibilitĂ© du milieu scolaire). Ils agiraient sous la responsabilitĂ© collective de l’équipe Ă©ducative et pĂ©dagogique, sans relever d’une notification d’aide humaine MDPH. Le livret de parcours inclusif serait un outil indispensable pour cet appui, de mĂŞme que la plateforme Cap École inclusive.
 
Ces agents d’accessibilité resteraient dans le périmètre de l’Éducation nationale et seraient installés dans différents établissements scolaires. Un ratio forfaitaire équivalent temps plein/nombre d’élèves à besoins éducatifs particuliers serait défini nationalement.
 
Les agents d’accessibilitĂ© pourraient contribuer au fonctionnement inclusif de l’établissement, intĂ©grer l’approche inclusive Ă  l’animation Ă©ducative pour les Ă©lèves Ă  besoins Ă©ducatifs particuliers scolarisĂ©s dans l’établissement, assister l’enseignant, sous l’autoritĂ© de ce dernier et, sans se substituer Ă  la responsabilitĂ© pĂ©dagogique, accompagner les Ă©lèves Ă  besoins Ă©ducatifs particuliers dans l’accès aux activitĂ©s d’apprentissages scolaires.

Le temps de service serait complet non annualisĂ©, sĂ©parant les temps d’intervention en classe auprès des Ă©lèves et ceux en dehors de la classe pour les autres activitĂ©s d’appui Ă  l’école inclusive.
 
 
Extension du champ d’accompagnement des AESH-I
 
Les AESH individuels (AESH-I), qui rĂ©pondent au besoin d’aide humaine soutenue et continue seraient maintenus et verraient leur champ d’accompagnement Ă©tendu pour parvenir Ă  un temps de service complet non annualisĂ©. La FNASEPH propose d’ Ă©tendre leur activitĂ© aux environnements pĂ©ri et extra-scolaires, sous la compĂ©tence des municipalitĂ©s pour le premier degrĂ©. 
 
 
L’avis du SE-Unsa
 
Le SE-Unsa partage certaines problĂ©matiques soulevĂ©es par la FNASEPH. En effet, l’École inclusive est encore trop un slogan et pas assez une rĂ©alitĂ©. Les personnels ne disposent pas de moyens suffisants et c’est une source importante de souffrance au travail. Le SE-Unsa se bat Ă©galement pour que le mĂ©tier d’AESH soit mieux reconnu et plus attractif et que les personnes qui l’exercent puissent en vivre dignement. De premières avancĂ©es ont Ă©tĂ© obtenues mais elles restent insuffisantes.
 
Les propositions de la FNASEPH sont très dĂ©taillĂ©es mais ne posent pas l’exigence d’un cadre prĂ©alable comme un budget Ă  la hauteur des ambitions, condition nĂ©cessaire pour que le quota Ă©voquĂ© soit suffisant pour un service public de l’École inclusive de qualitĂ©. Elles sont Ă©galement très floues quant aux conditions de travail des accompagnants, Ă  l’organisation de leur service, Ă  leur rĂ©munĂ©ration et Ă  leurs perspectives de carrière. En revanche, elles sont dĂ©jĂ  très prĂ©cises sur les missions des personnels, missions nombreuses et complexes qui demandent une forte montĂ©e en compĂ©tence. Or, la formation des AESH est pour l’instant un gros point noir. 
 
Si ces propositions Ă©taient mises en Ĺ“uvre pour faire des Ă©conomies ou mĂŞme Ă  budget constant, le risque serait grand d’une nouvelle dĂ©gradation de l’accompagnement. On pourrait alors voir se multiplier toujours plus le nombre de demandes d’AESH-I par les familles auprès des MDPH car ce serait le seul recours, ce qui est le contraire de l’objectif poursuivi.

 

 
 
 
 
 
ALC