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Nouveau programme de maternelle : la mobilisation paye mais la vigilance reste de mise
Article publié le mardi 1er juin 2021.
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La « Loi pour une École de la confiance Â», en abaissant Ă  3 ans l’âge de l’instruction obligatoire, a servi de prĂ©texte Ă  une demande ministĂ©rielle de rĂ©Ă©criture du programme de maternelle. Les rĂ©visions de ce programme, sur lesquelles le Conseil supĂ©rieur de l’éducation (CSE) a Ă©tĂ© consultĂ© le 27 mai, ne seront pas aussi nĂ©fastes que l’annonçait en dĂ©cembre le Conseil supĂ©rieur des programmes. La mobilisation des syndicats et des organisations pĂ©dagogiques a payĂ©.
 
 
Ouf !
 
Les programmes de 2015, alors plĂ©biscitĂ©s par le corps enseignant, ont Ă©chappĂ© de justesse Ă  une rĂ©Ă©criture introduisant des attendus de fin de cycle trop prĂ©coces qui auraient crĂ©Ă© artificiellement de l’échec scolaire, ainsi qu’à des pratiques pĂ©dagogiques inadaptĂ©es aux jeunes enfants. 
 
Le projet initial de rĂ©Ă©criture avait bien en ligne de mire la rĂ©ussite aux Ă©valuations nationales d’entrĂ©e au CP, alors que celles-ci, de l’aveu mĂŞme de leurs concepteurs, ne sont pas conçues pour ĂŞtre un bilan des acquis et que certains items sont prĂ©sents pour repĂ©rer des compĂ©tences remarquables. Le SE-Unsa l’a rappelĂ© Ă  la Direction gĂ©nĂ©rale de l’enseignement scolaire (Dgesco) et nous avons pu faire entendre la voix de celles et ceux qui connaissent le mieux les Ă©lèves : leurs enseignant·es. Leur libertĂ© pĂ©dagogique n’est pas menacĂ©e par ce nouveau texte mais le pilotage qui accompagne les Ă©valuations nationales doit mettre moins de pression sur les enseignants et leurs Ă©lèves.
 
Le texte finalement présenté au CSE le 27 mai aurait pu être encore amélioré. Néanmoins, il ne change pas l’esprit des programmes de 2015 et le SE-Unsa fait totalement confiance aux collègues de maternelle pour repérer et éviter les quelques écueils restants et choisir les modalités pédagogiques adaptées à leurs élèves.
 
Les enseignant·es doivent être mieux associé·es aux décisions, surtout lorsque ces dernières concernent leurs pratiques quotidiennes. La confiance ne se décrète pas, elle se gagne.
 
 
Une Dgesco moins ouverte au dialogue lors du CSE
 
Si les amendements dĂ©posĂ©s par les organisations syndicales sur les attendus de fin de cycle ont donc permis d’attĂ©nuer la pression que les enseignants et leurs Ă©lèves auraient pu subir, la Dgesco s’est nĂ©anmoins montrĂ©e peu encline Ă  rĂ©viser son jugement et cela mĂŞme lorsque les amendements proposĂ©s Ă©taient très largement plĂ©biscitĂ©s par le CSE. Ainsi, un des amendements du SE-Unsa portant sur les attendus concernant la graphie des lettres n’a pas Ă©tĂ© retenu malgrĂ© notre argumentaire, la seule justification de la Dgesco Ă©tant que nous en avions dĂ©jĂ  parlĂ© lors des rĂ©unions prĂ©paratoires et alors mĂŞme que le Conseil lui Ă©tait largement favorable. 
 
Seule contre tous, contre des organisations qui ont parmi elles des enseignants qui exercent en maternelle depuis de nombreuses annĂ©es et qui qui s’appuient sur l’analyse de mouvements pĂ©dagogiques ayant Ă  coeur la rĂ©ussite de tous ainsi que sur des chercheuses et chercheurs spĂ©cialisĂ©s en maternelle, seule contre tous donc, la Dgesco, sans doute mandatĂ©e dans ce sens par le Cabinet du ministre, a très peu modifiĂ© le texte en sĂ©ance. 
 
Les rĂ©sultats du vote sur ce texte (7 voix pour et 49 abstentions, dont le SE-Unsa) s’expliquent largement par le dĂ©calage entre les attentes des professionnels pour une Ă©cole maternelle de la rĂ©ussite de tous les enfants et ce projet de rĂ©Ă©criture, aussi light soit-il au final.

 

 
 
 
 
ALC