SECTION SE-Unsa de la MANCHE - MAISON DES SYNDICATS - 2BIS RUE LEON DERIES - BP 421 - 50000 SAINT LO CEDEX
Tél. 02 33 57 64 59 - Por. 06 75 88 98 23 - 50@se-unsa.org

 
Rythmes Ă  Cherbourg : pour le SE-UNSA, le report n’est pas la bonne dĂ©cision
Article publié le jeudi 7 janvier 2021.
  • Lnk_facebook
  • Lnk_google
  • Lnk_twitter

« Pour le Se-Unsa, la crise du Covid impacte sĂ©rieusement nos fonctionnements, elle n’empĂŞche pas la dĂ©mocratie. Â»

Après l’annonce du report de la consultation sur les rythmes scolaires au 2e semestre 2021, le Se-Unsa de la Manche tire la sonnette d’alarme.

L’annonce dans les colonnes de la presse du report de la consultation sur les rythmes scolaires à Cherbourg-en-Cotentin (CEC) suscite un fort émoi au sein de la communauté éducative.

Depuis la mise en œuvre de la semaine de 4,5 jours, le Se-Unsa 50 a toujours agi en interlocuteur exigeant et constructif pour construire la réussite de cette réforme. Six ans après le décret Peillon (7 pour les communes dérogatoires), le contentieux initial autour des emplois du temps et des activités périscolaires s’est mué en une défiance totale de la part des enseignants (rejoints en cela par une part non négligeable des parents d’élèves).

Au travers d’enquêtes de terrain et de rencontres avec les élu.e.s, le Se-Unsa 50, en syndicat réformiste, a porté une exigence d’amélioration de cette réforme qui a pu se traduire par des réussites (suppression des TAP en maternelle à Cherbourg-Octeville après constat de la surcharge induite pour les élèves) mais aussi des échecs (évolution marginale des emplois du temps, progrès infimes sur la co-éducation).

Le fossĂ© entre la mairie de Cherbourg-Octeville (reprĂ©sentĂ©e successivement pour les affaires scolaires par M. Jouanne, Mme Thieulent) et CEC (reprĂ©sentĂ©e parfois par M. Fagnen ou M. HĂ©bert) et les enseignants n’a cessĂ© de croĂ®tre. En cause ? Des consultations Ă  sens unique interrogeant seulement les parents sur la qualitĂ© des TAP et non sur le clivage 4 jours/4,5 jours – consultations factices puisque, comme en 2017-2018, la ville avait dĂ©jĂ  fait part de son souhait de conserver la semaine de 4,5 jours. En cause aussi le peu de considĂ©ration accordĂ© aux enseignants, fonctionnaires d’Etat dĂ©pendant des dĂ©cisions municipales quant Ă  leurs horaires journaliers de travail. Dans cette situation inhabituelle, une exigence de dialogue aurait dĂ» ĂŞtre le minimum. C’est malheureusement l’inverse qui est advenu.

Pour le Se-Unsa 50, le report annoncĂ© de la consultation n’est pas une bonne dĂ©cision. Il ne vient qu’alimenter un peu plus la dĂ©crĂ©dibilisation de la parole politique. Il est Ă  l’opposĂ© des engagements Ă©lectoraux du programme portĂ© par Passion commune, liste menĂ©e par M. ArrivĂ©. Il y est question d’une consultation « avec engagement de la municipalitĂ© de mettre en Ĺ“uvre le choix qui sortira des urnes dès la rentrĂ©e 2021 Â». A cette Ă©poque, il n’était pas question « d’un vrai dĂ©bat, bien organisĂ©, qui permette Ă  chacun de se faire une idĂ©e sur le sujet et de choisir en connaissance de cause Â». Etrangement, c’est la nĂ©cessitĂ© de ce dĂ©bat qui implique le report de cette consultation. Autre engagement de l’équipe municipale : « la co-construction comme mode de gouvernance Â» avec mises en place de « plateformes participatives Â» et « constitution de groupes d’habitants et de personnes qualifiĂ©es. Â»

Le succès mitigĂ© du dĂ©bat autour du PESL (seulement 1500 participants en 18 mois de dĂ©bat) aurait dĂ» inviter l’équipe municipale Ă  davantage d’humilitĂ©. La crise du Covid a permis l’émergence de plateformes virtuelles oĂą chacun, dans son entreprise, dans sa collectivitĂ©, apprend Ă  Ă©changer. Au sein de nos Ă©coles, le conseil d’école qui rĂ©unit reprĂ©sentants de parents d’élèves, Ă©lus et enseignants est l’exemple type de ce que peuvent ĂŞtre ces « groupes d’habitants et de personnes qualifiĂ©es Â». Le dĂ©cret Blanquer de 2017 ne s’y trompe d’ailleurs pas puisqu’il soumet les modifications d’organisation du temps scolaire Ă  l’initiative conjointe des mairies et des conseils d’école. Pour le Se-Unsa 50, la crise du Covid impacte sĂ©rieusement nos fonctionnements, elle n’empĂŞche pas la dĂ©mocratie."

 

 

Camille Mochon

Secrétaire départementale du Se-Unsa de la Manche

 

 
 
 
 
ALC