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Remplacement : la DSDEN prĂ©fère faire l’autruche
Article publié le lundi 5 octobre 2020.
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"C'est l'histoire d'un homme qui tombe d'un immeuble de cinquante étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien. Mais l'important n'est pas la chute, c'est l'atterrissage."

La citation, tirée du film La Haine, pourrait convenir à notre IA-Dasen par intérim sur la question du remplacement. Jusqu'ici, tout va bien.

Avec un brin de contradiction néanmoins, tout va bien mais il est impossible de tirer un bilan des semaines écoulées en matière de non-remplacement, impossible de développer la question de l'utilisation des titulaires secteurs, des collègues à 80%, des collègues brigades à 17% mais TOUT VA BIEN.

Avec 169 remplaçants, l'administration admet du bout des lèvres travailler "en mode dégradé". Il y a pu avoir "quelques écoles" où des remplacements n'ont pas été assurés en septembre - les quelques écoles apprécieront. Il y a pu avoir quelques journées où des brigades n'étaient pas utilisés mais c'est à la marge, quelques TRS non utilisés (comme des brigades à 17%) mais c'est dû à une absence de retour de planning des collègues - ben oui c'est la faute des collègues ; les brigades, qui ont du quasiment supplier la DSDEN pour bosser, apprécieront. En résumé, tout va bien.

Bref, le non-remplacement, on ne peut pas en faire un bilan mais il y a seulement quelques écoles qui n'ont pas eu de remplaçants en septembre. Puisqu'on vous dit que tout va bien.

Dans tous les cas et à l’exception de ce début d’année, M. Bourrée, IA-Dasen par intérim, reste confiant. Selon lui, les 169 brigades représentent plus de 10% des collègues en classe. On a donc « une bonne capacité de remplacement. » Vous a-t-on déjà dit que "Tout va bien" ?

Et les récupérations d'heures en trop pour les brigades en dépassement d'ORS ? Pour l'année passée, un solde de 50 jours reste à récupérer. Ce sera difficile à récupérer avant la fin 2020.

- C'est bizarre, je croyais qu'on avait une bonne capacité de remplacement...

Quant aux dépassements occasionnés pour l'année en cours, la possibilité de récupérer, dès janvier, les heures supplémentaires réalisées, lors du premier trimestre, ne semble pas aisé pour l’administration (en vue des absences hivernales beaucoup plus nombreuses). Tout va bien mais...

Et les directeurs contraints d'assurer des remplacements quand les absences des collègues tombent sur leurs jours de décharge ? Pourquoi ne pas envisager qu'ils récupèrent leur décharge d'une manière ou d'une autre ? Candides comme on l'est au SE-UNSA 50, on proposait même des journées de récup' pour directeurs comme pour les brigades car, quand bien même leur jour de direction est accaparé par un remplacement impromptu, personne n'est dupe, les tâches de direction sont quand même effectuées mais sur leur temps personnel, il y a donc bien un dépassement d'ORS.

Réponse de l'administration : L’administration rappelle que les directeurs n’ont pas à prendre en charge la classe vacante sur leur jour de décharge et que de ce fait, ils ne pourront pas récupérer cette journée.

C'est merveilleux comme les choses sont parfois simples avec l'administration. La réponse est légalement exacte mais que se passe-t-il dans les faits ? Tout le contraire. Les directeurs ont une éthique, un sens de la solidarité envers leurs collègues, envers leurs élèves. On compte sur eux mais peut-on compter sur l'administration ? Tout va bien, vraiment ?

Un dernier pour la route ? Quid des risques encourus par les brigades lorsqu'ils remplacent un collègue suspecté cas Covid19 ? Peuvent-ils en toute quiétude se servir des manuels, ordi, matériel de la classe et bureau ? Réponse de l'administration : pas de problème, tout est désinfecté. Quand on connaît l'aspect réel des bureaux de nos collègues souvent recouverts de fichiers, de cahiers divers et variés, on peine à croire qu'une désinfection en règle puisse avoir lieu. Mais tout va bien dans le meilleur des mondes.

A force de nier la réalité des problèmes, l'administration encourt le risque de se couper irrémédiablement du terrain. L'engagement de la profession dans la continuité pédagogique mais aussi lors du déconfinement ne sont plus à démontrer.

Pour autant, quand dans une école, les absences d'enseignants sont telles que l'on n'a plus de place dans les classes pour installer des chaises ; quand dans une même école, plusieurs enseignants ne sont pas remplacés, il y a lieu de s'inquiéter, il y a lieu de s'en émouvoir et de le signaler.

Le Se-Unsa 50 demeurera vigilant sur cette question, quitte Ă  relancer sa consigne SMA, car non, tout ne va pas bien. Loin s'en faut.

Quelques infos en vrac :

  • le planning des stages Ă©coles est modifiĂ©. Ceux-ci passent de 3 jours remplacĂ©s et 12 heures d’animations pĂ©dagogiques Ă  2 jours remplacĂ©s et 18 heures d’animations pĂ©gadogiques.
  • Sur la question de la reconduction des remplacements au jour le jour, l’administration assume le fait de renvoyer les collègues dans leurs Ă©coles de rattachement alors qu’ils ont commencĂ© un remplacement la veille. Ils ne semblent pas persuadĂ©s que laisser un collègue dans l’école nĂ©cessitant un remplacement, quitte Ă  le faire sortir si besoin, soit plus efficace.
  • Le recrutement sur liste complĂ©mentaire ne peut se faire que s’il y a des emplois vacants dans le dĂ©partement, ce qui n’est pas le cas actuellement.
 
 
 
 
 
ALC