SECTION SE-Unsa de la MANCHE - MAISON DES SYNDICATS - 2BIS RUE LEON DERIES - BP 421 - 50000 SAINT LO CEDEX
Tél. 02 33 57 64 59 - Por. 06 75 88 98 23 - 50@se-unsa.org

 
CTSD : ça va mieux en le disant...
Article publié le mardi 7 avril 2020.
  • Lnk_facebook
  • Lnk_google
  • Lnk_twitter

Au sein de leur abondante prose, nos camarades de Sud se sont livrĂ©s Ă  une charge au vitriol Ă  l’encontre d’organisations syndicales : « Sud Éducation Manche avait proposĂ© un moratoire aux organisations syndicales de la Manche. En vain ! Certaines Ă©taient alors, elles aussi, aveugles et centrĂ©es sur le dĂ©roulement classique des phases du mouvement. Sans vergogne, elles clament aujourd’hui "moratoire" ! C’est bien pourquoi, Sud et FO ont quittĂ© le dernier CTSD, refusant de siĂ©ger silencieusement dans le seul et unique but de recueillir des « infos Â». Que, par ailleurs, les services de la DSDEN ont envoyĂ©es Ă  tous les syndicats. Comprenne qui pourra ! Â»

 

Qu'une organisation syndicale (OS) exprime son opinion ne nous pose pas de problème : c’est la dĂ©mocratie mais soyons prĂ©cis. Hormis nos collègues du Snuipp-FSU qui se sont ralliĂ©s Ă  l’idĂ©e d’un moratoire sur les opĂ©rations de carte scolaire, ce qui n’était pas le cas il y a quelques jours mais le positionnement Ă  gĂ©omĂ©trie variable de cette OS est habituel, ce n’est pas le cas du Se-Unsa.

Pour le Se-Unsa, l’annonce du ministre suspendant les fermetures en milieu rural Ă  l’accord du maire et la reconsidĂ©ration de l’équilibre ouvertures/fermetures en milieu urbain doit s’accompagner de moyens supplĂ©mentaires. En effet, la dotation nationale 1er degrĂ© ne permet dĂ©jĂ  pas d’atteindre les multiples objectifs affichĂ©s par le ministre. Sans enveloppe complĂ©mentaire, les annonces de ce jour conduiraient Ă  des choix locaux inacceptables pour le SE-Unsa. Elles devraient en effet, ĂŞtre financĂ©es par une rĂ©cupĂ©ration de moyens sur les autres types de postes parmi lesquels les postes de Rased et de remplaçants par exemple. Pour le Se-Unsa, de telles suppressions de postes « invisibles Â» est inacceptable.

 

Et pour être clair et précis, Sud prétend que c’est l’épidémie de Covid-19 qui justifie la mise en place d’un moratoire sur les ouvertures/fermetures de classe. Sauf que cette revendication de cette organisation n’est pas nouvelle. Une recherche rapide sur le site internet national de cette organisation montre que cette revendication pré-existe la crise actuelle. Déjà en juillet 2019, cette organisation préconisait la fin immédiate des fermetures d'école et de classe. Arguer de la situation sanitaire pour faire avancer cette revendication ancienne est pour le moins surprenant.

 

 

Même si cela peut paraître inconcevable, il est possible d’être en désaccord avec Sud. C’est même le cas d’une large partie de la profession. En témoignent les résultats locaux et nationaux de cette organisation lors des élections professionnelles de décembre 2018 en recul (pas de siège en CT ministériel, un siège en moins en CTSD). De quoi interroger la stratégie récurrente du boycott défendue par cette OS.

Quant à savoir si la DSDEN aurait envoyé ses prévisions de fermetures et d’ouvertures aux organisations syndicales si le Se-Unsa, le Sgen-cfdt et le Snuipp-Fsu n’avaient pas fait le choix contraint mais pragmatique de participer à ce CTSD, c’est faire montre d’une candeur désarmante. Grâce à notre présence, nous avons connaissance des projets de la Dasen et nous avons le moyen de les contrecarrer. Sud (et FO) ont opté pour la politique de la chaise vide. Dont acte.

 

De la part d’un syndicat prĂ©tendument solidaire, unitaire et dĂ©mocratique, il y a tout de mĂŞme lieu de s’interroger sur la capacitĂ© de cette organisation Ă  respecter la notion de dĂ©mocratie – des Ă©lus du personnel ont fait un choix lĂ©gitime de siĂ©ger – de quel droit Sud se permet d’en contester la lĂ©gitimitĂ© ? Vous avez dit « dĂ©mocratique Â» ?

Toutes les organisations Ă©lues en CTSD militent pour l’amĂ©lioration des conditions de travail des collègues avec des stratĂ©gies bien diffĂ©rentes mais que nous nous honorons au Se-Unsa de respecter, jouer le jeu du « diviser pour mieux rĂ©gner Â», voilĂ  qui nous apparaĂ®t pas plus solidaire qu’unitaire.   

 

Cette dialectique de l’anathème et de l’ Â« aveuglement Â» nous semblait jusqu’alors ĂŞtre l’apanage des intĂ©gristes de tous poils. Gageons qu’un tel emportement demeurera l’exception. La situation sanitaire et sociale d’une extrĂŞme gravitĂ© que traverse la France requiert la mobilisation de tous et toutes, nos collègues de l’Education nationale et de la Fonction publique (hospitalière, territoriale et d’Etat) ne le savent que trop bien de mĂŞme que l’ensemble de la population active.

 
 
 
 
ALC