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Enseignants des Ă©coles : respect et sĂ©curitĂ©, c’est trop demander ?
Article publié le jeudi 30 avril 2020.
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La réouverture annoncée des écoles primaires dès le 11 mai sur tout le territoire met sous pression les personnels auxquels on demande d’endosser des responsabilités qui ne sont pas les leurs et alors que de nombreuses informations indispensables ne sont pas fournies par leur hiérarchie. Tout cela sans aucun respect de leur métier, de leurs droits les plus basiques aux congés, jours fériés et weekends.
Avec eux, le SE-Unsa dit « Stop, ça suffit Â».
 
Depuis le dĂ©but du confinement, les enseignants sont fortement engagĂ©s dans la « continuitĂ© pĂ©dagogique Â» dĂ©crĂ©tĂ©e par leur ministre, souvent avec leur propre matĂ©riel en inventant des solutions sans attendre les rĂ©ponses officielles et sans compter leur temps.
 
Parmi eux, les directeurs et directrices sont fortement sollicitĂ©.es pour faire fonctionner et rĂ©guler les deux dispositifs mis en Ĺ“uvre, l’école Ă  distance et l’accueil des enfants de personnels prioritaires. Ils ont dĂ» faire avec les ordres et les contre-ordres, la cacophonie Ă  tous les Ă©tages, national et local, les demandes intempestives, car anticipĂ©es de certains recteurs ou Dasen, les sollicitations des mairies. Ils sont Ă©galement en première ligne pour rĂ©pondre aux prĂ©occupations des parents alors que la plupart du temps, ils n’ont pas les informations nĂ©cessaires pour rĂ©pondre. Sans oublier que l’immense majoritĂ© a aussi en charge la continuitĂ© pĂ©dagogique puisqu’ils ne sont que partiellement dĂ©chargĂ©s. Ils sont Ă©puisĂ©s, Ă©puisĂ©s par la masse considĂ©rable de travail, Ă©cĹ“urĂ©s par le constat de son inutilitĂ© parfois puisque tout change tout le temps.
 
Et c’est dans ce contexte que le premier ministre annonce une reprise généralisée le 11 mai. Il y a d’abord ce sentiment insupportable que l’école est une zone où on s’exonère de la prudence valable pour tout le reste de la société (voir notre article ici).
Il y a aussi un calendrier impossible : les familles devraient ĂŞtre informĂ©es entre le 4 et le 7 mai, ce qui laisse en tout et pour tout trois jours pour la zone A qui rentre de vacances le 4 mai et un petit jour de plus pour les autres ! Ă€ moins que les droits les plus Ă©lĂ©mentaires des salariĂ©s n’existent plus !
 
Le SE-Unsa dit « Stop, ça suffit Â». Ă€ l’impossible, nul n’est tenu. Il appelle les enseignants des Ă©coles et les directeurs et directrices Ă  faire leur travail, rien que leur travail, et cela, quand ils disposeront enfin des Ă©lĂ©ments indispensables pour le faire.
 
En clair, les enseignants des Ă©coles ne participeront Ă  un travail d’élaboration d’un plan de reprise strictement liĂ© Ă  leur domaine de compĂ©tences, Ă  savoir le temps scolaire, que lorsqu’ils disposeront des Ă©lĂ©ments suivants :
  • un cadre sanitaire national prĂ©cis qui assure la protection des Ă©lèves et des personnels communiquĂ© officiellement Ă  toutes les parties prenantes ;
  • des instructions officielles sur le respect des obligations de service et donc sur l’articulation entre temps en prĂ©sentiel et enseignement Ă  distance ;
  • des instructions officielles sur les personnels exemptĂ©s de prĂ©sence dans les Ă©coles ;
  • des instructions officielles sur les obligations des personnels sans responsabilitĂ© de classe ;
  • des instructions officielles sur l’autoritĂ© qui validera le plan de reprise et qui en portera donc la responsabilitĂ©.
En attendant que ces préalables soient réunis, il est impératif que les personnels soient protégés.
 
C’est pourquoi le SE-Unsa demande aux professeurs des Ă©coles et aux directeurs de :
  • Refuser toute invitation Ă  une rĂ©union de travail sans convocation officielle. Ces rĂ©unions ne peuvent Ă©videmment pas avoir lieu pendant les vacances, week-ends ou jours fĂ©riĂ©s. Pour cette raison, et puisque le protocole sanitaire qui devra ĂŞtre appliquĂ© dans l’Éducation nationale n’est toujours pas connu, aucune rĂ©union abordant le retour en classe ne peut se tenir avant le lundi 4 mai.
  • Si une convocation officielle a bien Ă©tĂ© reçue, assister Ă  la rĂ©union mais indiquer que sans les Ă©lĂ©ments prĂ©alables Ă  tout nouveau travail liĂ© Ă  l’élaboration du plan de « reprise Â» citĂ©s plus haut, il est impossible d’aller plus loin, et donc refuser de participer aux Ă©changes.
  • Refuser d’engager leur responsabilitĂ© si la municipalitĂ© leur demande une dĂ©cision ou un avis en rĂ©pondant : "Je n’engage pas ma responsabilitĂ© personnelle, merci de vous adresser au reprĂ©sentant du ministre dans le dĂ©partement, l’IA-Dasen."
Le SE-Unsa, nationalement comme localement, est engagé auprès des collègues pour protéger l’école (les enseignants tout comme les élèves et leurs familles) d’une reprise précipitée et imposée. Avant tout engagement dans la co-construction d’un plan de reprise, il est essentiel d’en connaître les objectifs et les contraintes.
Le SE-Unsa exige pour cela un protocole sanitaire national, clair et protecteur, en lien avec l’avis du conseil scientifique, ainsi que des instructions officielles précises et un calendrier réaliste.
Dès à présent, ainsi que lors des étapes à venir, le SE-Unsa est à vos côtés pour s’assurer que les personnels puissent travailler en sécurité, dans le respect de leur métier, et en protégeant la santé de tous.

 

 

 
 
 
 
ALC