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Accompagnement des enfants en situation de handicap : pour les dĂ©putĂ©s de la majoritĂ©, la prioritĂ© attendra.
Article publié le mardi 16 octobre 2018.
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Comment expliquer qu’une « prioritĂ© gouvernementale Â» ne fasse pas l’objet de dĂ©bat au sein de l’AssemblĂ©e nationale ? Comment expliquer l’absence d’amendements dĂ©posĂ©s par les parlementaires de la majoritĂ© sur un projet de loi visant Ă  amĂ©liorer le statut des accompagnants, et l’accompagnement d’enfants en situation de handicap lui-mĂŞme, et leur refus de participer aux Ă©changes dès l’examen du projet de loi en commission ? Ce sont les questions que nous nous posons aujourd’hui.
 
Celles que se pose visiblement une partie de l’opinion publique, à lire les nombreuses réactions sur les réseaux socaiux depuis jeudi dernier.

 
Le nombre d’enfants en situation de handicap a triplé en 10 ans
 
Ces dĂ©putĂ©s ignorent-ils ce chiffre ? Que pour 45,8% de ces enfants, la solution proposĂ©e pour leur inclusion scolaire est celle de l’accompagnement ? N’ont-ils pas Ă©tĂ© informĂ©s d’actions « coup de poing Â» menĂ©es par des associations de parents d’enfants en situation de handicap, dĂ©sespĂ©rĂ©es par une rentrĂ©e marquĂ©e une fois de plus, et en dĂ©pit des promesses prĂ©sidentielles, par un nombre Ă©levĂ© d’enfants sans accompagnement?

Ces dĂ©putĂ©s ne savent-ils pas que ces difficultĂ©s s’expliquent, de l’aveu mĂŞme du ministre de l’Éducation nationale, et de Madame Cluzel, par les difficultĂ©s de recrutement liĂ©es au manque d’attractivitĂ© du mĂ©tier ? En d’autres termes, ces dĂ©putĂ©s ignorent-ils que près de 80 000 personnes exercent aujourd’hui une mission d’utilitĂ© publique sans formation, sans reconnaissance, et avec un salaire qui dĂ©passe rarement les 600 euros ?

 
La proposition de loi d’AurĂ©lien PradiĂ© allait-elle changer cela ?

Probablement pas. Elle n’en avait d’ailleurs pas l’ambition, consciente que l’accompagnement n’est pas l’unique rĂ©ponse Ă  l’inclusion scolaire. Faut-il d’ailleurs une loi pour amĂ©liorer le statut d’accompagnant ? Cela n’est pas non plus certain.

Il faut en revanche cesser l’hypocrisie, mettre un terme aux plan com’ qui se succèdent depuis deux ans, sans qu’aucune amélioration concrète n’ait été apportée à l’accompagnement des enfants et des jeunes en situation de handicap dans notre pays.

 
En rĂ©ponse aux constats et propositions portĂ©es par AurĂ©lien PradiĂ© –et en partie avant lui en 2012 par la Commission Komitès– Jean-Michel Blanquer dĂ©clare que « le chemin est pris Â». S’il s’agit, comme il le prĂ©tend, du chemin de la concertation, alors celui-ci s’annonce tortueux.

PrĂ©vue Ă  partir du 10 septembre auprès du Conseil national consultatif des personnes handicapĂ©es (CNCPH), des parents d’enfants en situation de handicap, des organisations syndicales, et des accompagnants eux-mĂŞmes, cette concertation sera finalement reportĂ©e Ă  la fin octobre, et n’ aura plus que pour consultant  le CNCPH. La prioritĂ© pourra donc attendre encore un peu.

 

 
 
 
 
ALC