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L’inspection en question... la note aussi !
Article publié le jeudi 14 janvier 2016.
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Au Se-UNSA, nous répétons depuis plus d'un an qu'il est urgent de réformer l'évaluation des enseignants, que l'on continue d'appeler, à tort selon nous, l'inspection.

L’Education Nationale, plus que tout autre employeur, doit proposer un accompagnement qui relève davantage de l'échange entre deux professionnels responsables et moins d'une inspection... comme on inspecte une chambrée d'appelés du contingent...

Le SE-Unsa du Gard s’emploie à faire évoluer les pratiques et nous rencontrons régulièrement les IEN des différentes circonscriptions pour demander qu'une réflexion particulière soit engagée au niveau départemental. Il y a des points de convergence et de divergence...

Nous avons rencontré le Syndicat des IEN de l’UNSA le 12 janvier 2016, sur cette question (comme sur celle de la simplification des tâches de directeurs toujours au point mort, etc.) afin de nos croiser nos regards.

Mais nous sommes conscients que c’est au niveau académique voire national que les choses doivent bouger d’abord. Selon nos informations ; des discussions devraient s’ouvrir sur le sujet dans les jours à venir au minsitère.

Et nous espérons bien que les choses bougeront en profondeur dès la rentrée 2016...

Pour les personnels responsables que nous sommes, nous réclamons une évaluation-concertation qui permette à chaque enseignant de faire part de ses besoins de formation, donc de ses lacunes…

Car les enseignants ont une idée précise de celles-ci. Or comment évoquer lors de la visite d’inspection, ses propres faiblesses quand on sait que la note qui en découle sera déterminante dans le rythme d’avancement ?

Combien de temps faudra-t-il que nous rappelions ce paradoxe avant que les choses bougent ? Que l'on sorte de la forme archaïque et infantilisante de l’inspection que nous connaissons...

Voici notre approche mais aussi les pistes de travail que nous proposons :

Quand les enseignants nous parlent... il faut les écouter !

Notre enquête nationale "800 000 enseignants, et moi, et moi, et moi..." met en évidence un autre paradoxe : saviez-vous par exemple que les enseignants, souhaitent majoritairement être évalués, et souhaitent l’être plus régulièrement. En revanche, 62% des collègues interrogés redoutent les inspections. Ils la plébiscitent majoritairement et la craignent tout autant. Cela donne à réfléchir. D’autant qu’ils souhaitent qu’on donne une part plus grande à l’auto-évaluation.

60% souhaitent qu’un entretien professionnel ait lieu à l’issue du processus d’évaluation contre 34% seulement qui ne le souhaitent pas… 

Et enfin, 73% sont en désaccord avec les modalités de leur évaluation. Une écrasante majorité.

A quoi sert la note ?

L'importance de la note est très relative dans les changements d'échelon. C'est un critère pondéré par l'ancienneté.

Par exemple, un collègue ayant une notation très positive en début de carrière, gravira rapidement les premiers échelons, mais entrera en concurrence avec des collègues ayant plus d'ancienneté aux échelons les plus rémunérateurs (8/9/10).

En réalité, la note ne sert vraiment que pour accéder à la hors-classe.

Mémoires courtes, souvenons-nous que c'est le SE-UNSA, qui a permis le déblocage du ratio de hors classe (23 passages hors classe en 2012 dans le Gard, 46 en 2015)…

Pourquoi le SE-UNSA demande de décorreler la note de l'avancement ?

Même si elle n'est pas prépondérante, la note est considérée par beaucoup d'enseignants comme un élément capital de leur passage d'échelon. Ainsi, les inspections sont parfois envisagées comme une possibilité d'augmenter son salaire et on essaie de présenter des séances parfaites. Les IEN parlent d'ailleurs de "tentatives de performance".

Donc, lier la note à l'avancement est un obstacle à la professionnalisation du métier.

Une grille d’harmonisation ?

Il existe bien une grille d'harmonisation départementale de la notation pédagogique des instituteurs et des professeurs des écoles, sachant que :

·        Une note déjà attribuée ne peut être remise en cause.

·        La grille est indicative et l'administration se réserve la possibilité de noter plus haut que le plafond, tant mieux pour les collègues. Pour le SE-UNSA, il est étrange de se fixer des règles et justifier dans le même temps, le droit de s'en exonérer.

Alors à quoi sert une grille pour l'administration ?

Pour le SE-UNSA, la grille est quasiment inutile (puisqu'en fait, l'administration peut s'en exonérer).

Le seul objectif compréhensible reste la pondération qui permet au DIRECTEUR ACADEMIQUE d’harmoniser les IEN… Mais sur quels critères ?

L’effet produit sur un(e) enseignant(e) qui sait sa note pondérée vers le bas par un Directeur académique qui ne l’a jamais vu travailler est démotivant voire démoralisant. On le serait à moins. Quel dialogue peut-il bien s’engager par la suite ?

On est loin de notre conception de l’évaluation !

L’inspection est inscrite dans une logique, celle de faire la différence entre un enseignant dont le travail est "satisfaisant" (dans la moyenne), d'un autre dont le travail est "l’est moins" (rester proche du mini). Même chose pour "excellent" et "exceptionnel' (s’approche du maxi).

Mais si l'on est trop bien noté à l'approche de la quarantaine, on va freiner la progression de votre note pour éviter d'approcher le 19,5 trop rapidement.....

 La note finit inmanquablement par induire un réflexe de se comparer aux autres.

Pour le SE-UNSA, c'est juste infantilisant !

En résumé : Quel avenir pour l'inspection selon nous ?

  1. Nous souhaitons une note administrative fondée sur le respect des attendus de tout fonctionnaire (ponctualité, respect des instructions officielles, tenue du poste de travail, capacité au travail d'équipe, etc.) et selon le référentiel métier.
  2. Nous souhaitons une harmonisation des pratiques et des documents préparatoires pour éviter les différences de traitement d'une circo à l'autre, les marottes (ici les langues vivantes, là le numérique, etc.)
  3. Nous proposons d'aller vers un accompagnement professionnel hors du contexte de notation
  4. L'inspection doit déboucher sur des actions de conseils pédagogiques et de formation, individuels ou pour l'équipe. Le plan de formation continue doit prendre en compte ces besoins de formation ainsi identifiés et donner lieu à de réels départs en stage(s) de formation... Cela suppose des moyens de remplacement (carburant du plan de formation).
  5. L’évaluation d'équipe peut être une modalité pour prendre en compte ce cadre collectif sur la base d’un cahier des charges concerté
  6. L’auto-évaluation doit avoir une place prépodérante
  7. L’entretien professionnel doit rester mené par le supérieur hiérarchique
  8. A l’issue du processus d’évaluation, une synthèse remise à l’enseignant intégrant le compte-rendu de visite, le document d’auto-évaluation et le compte-rendu d’entretien professionnel. Chacun de ces documents devra faire explicitement référence au référentiel métier.
  9. Le processus d'accompagnement se termine par une appréciation de la valeur professionnelle de l’enseignant évalué.

Nous vous tiendrons informés des suites données à nos échanges avec les différents niveaux de notre hiérarchie.

Olivier Dusserre-Telmont

 
 
 
 
ALC