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Sans RASED : comment la difficultĂ© devient handicap
Article publié le vendredi 13 décembre 2013.
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Un enfant instable, agressif, en difficulté d’apprentissage, peut l’être de façon tout à fait momentanée. Le psychologue en cherche la raison dans sa situation et son contexte familial. Si les réponses adaptées se situent dans le champ de compétences des actions des maîtres spécialisés du RASED, une prise en charge se met en place à l’école.

Mais quelles rĂ©ponses possibles quand les RASED sont dĂ©cimĂ©s ? Les enseignants se tournent alors hors de l’institution. C’est ainsi que dès la maternelle, des situations sont externalisĂ©es, alors que l’école aurait pu apporter une rĂ©ponse adaptĂ©e. Les services extĂ©rieurs saturĂ©s se plaignent de recevoir des enfants sans pathologie mais avec des problèmes Ă©ducatifs importants. Les dĂ©lais d’attente pour un rendez-vous s’allongent et dĂ©passent frĂ©quemment les 12 mois.   

Progression exponentielle des demandes d’AVS

Les Ă©quipes pĂ©dagogiques en souffrance cherchent alors d’autres solutions et, par dĂ©faut, proposent aux parents de demander une AVSi, pour aider leur enfant Ă  l’école. C’est ainsi que certains enfants parfois très jeunes, basculent brutalement de la difficultĂ© comportementale ou d’apprentissage, dans le champ du handicap. Aujourd’hui, la hausse du nombre de dossiers constituĂ©s pour des motifs liĂ©s Ă  la scolaritĂ© et transmis Ă  la MDPH, interpelle. Les nouvelles demandes d’AVS continuent d’augmenter, on Ă©voque mĂŞme une "augmentation exponentielle ... La progression des dĂ©cisions est en premier lieu le fruit d’une progression des demandes sur laquelle les MDPH s’interrogent" (1). Le discours de la sociĂ©tĂ© et celui de l’école se mĂ©dicalisent de plus en plus. La rĂ©fĂ©rence Ă  la notion de « trouble Â» s’est considĂ©rablement accrue dans le discours des enseignants.

Prendre le temps du questionnement

Au cĹ“ur de ces dysfonctionnements, le psychologue de l’EN se retrouve instrumentalisĂ©. Il se sent parfois bien seul pour expliquer aux enseignants qu’il est nĂ©cessaire de prendre le temps de s’interroger d’abord sur un comportement rĂ©actionnel pas encore pathologique, avant de penser « handicap Â». La prĂ©cipitation n’a pas sa place car l’instant de l’annonce d’un diagnostic de handicap provoque une sidĂ©ration auprès de la famille. Le risque est grand, ensuite, de coller Ă  l’enfant l’étiquette du handicap, et de rĂ©duire ainsi le champ de ses perspectives et de son Ă©panouissement. Il faut Ă©galement s’imaginer le ressenti des parents Ă  la lecture de la notification de la MDPH prĂ©cisant que leur enfant « ... prĂ©sente un taux d’incapacitĂ© compris entre 50% et 79% ... Â». Un jour une maman effondrĂ©e est arrivĂ©e cette lettre Ă  la main : « Ă§a veut dire qu’il n’y a plus beaucoup de bonnes choses dans mon enfant ? ... Â».

La volonté ministérielle de restaurer les postes spécialisés des RASED et de nommer des psychologues en nombre suffisant, est indispensable pour aider les enseignants, les enfants et leurs familles.

(1) "MDPH : 5 ans déjà !" Synthèse des rapports d’activité 2010 des MDPH

 
 
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