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Accompagnement des enfants en situation de handicap : pour les députés de la majorité, la priorité attendra.
Article publié le samedi 20 octobre 2018.
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Comment expliquer qu’une « priorité gouvernementale Â» ne fasse pas l’objet de débat au sein de l’Assemblée nationale ? Comment expliquer l’absence d’amendements déposés par les parlementaires de la majorité sur un projet de loi visant à améliorer le statut des accompagnants, et l’accompagnement d’enfants en situation de handicap lui-même, et leur refus de participer aux échanges dès l’examen du projet de loi en commission ? Ce sont les questions que nous nous posons aujourd’hui.
 
Celles que se pose visiblement une partie de l’opinion publique, à lire les nombreuses réactions sur les réseaux sociaux depuis jeudi dernier.

 
Le nombre d’enfants en situation de handicap a triplé en 10 ans
 
Ces députés ignorent-ils ce chiffre ? Ignorent-ils que pour 45,8% de ces enfants, la solution proposée pour leur inclusion scolaire est celle de l’accompagnement ? N’ont-ils pas été informés d’actions « coup de poing Â» menées par des associations de parents d’enfants en situation de handicap, désespérées par une rentrée marquée une fois de plus, et en dépit des promesses présidentielles, par un nombre élevé d’enfants sans accompagnement?

Ces députés ne savent-ils pas que ces difficultés s’expliquent, de l’aveu même du ministre de l’Éducation nationale, et de Madame Cluzel, par les difficultés de recrutement liées au manque d’attractivité du métier ? En d’autres termes, ces députés ignorent-ils que près de 80 000 personnes exercent aujourd’hui une mission d’utilité publique sans formation, sans reconnaissance, et avec un salaire qui dépasse rarement les 600 euros ?

 
La proposition de loi d’Aurélien Pradié allait-elle changer cela ? 

Probablement pas. Elle n’en avait d’ailleurs pas l’ambition, consciente que l’accompagnement n’est pas l’unique réponse à l’inclusion scolaire. Faut-il d’ailleurs une loi pour améliorer le statut d’accompagnant ? Cela n’est pas non plus certain.

Il faut en revanche cesser l’hypocrisie, mettre un terme aux plan com’ qui se succèdent depuis deux ans, sans qu’aucune amélioration concrète n’ait été apportée à l’accompagnement des enfants et des jeunes en situation de handicap dans notre pays.

 
En réponse aux constats et propositions portées par Aurélien Pradié –et en partie avant lui en 2012 par la Commission Komitès– Jean-Michel Blanquer déclare que « le chemin est pris Â». S’il s’agit, comme il le prétend, du chemin de la concertation, alors celui-ci s’annonce tortueux.

Prévue à partir du 10 septembre auprès du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH), des parents d’enfants en situation de handicap, des organisations syndicales, et des accompagnants eux-mêmes, cette concertation sera finalement reportée à la fin octobre, et n’ aura plus que pour consultant  le CNCPH. La priorité pourra donc attendre encore un peu.

 

 
 
 
 
ALC