SECTION SE-Unsa des ALPES MARITIMES - 7 RUE MIRON - 06000 NICE
Tél. 09 52 11 13 93 - Fax. 09 57 11 13 93 - Por. 06 51 44 39 17 - 06@se-unsa.org

 
CSE du 1er juillet 2010 - Programmes lycée dont SES
Article publié le mercredi 7 juillet 2010.
  • Lnk_facebook
  • Lnk_google
  • Lnk_twitter
Conseil supérieur de l’éducation – séance du 1er juillet 2010
 
Le ministère repousse au CSE de rentrée l’examen des textes sur les sanctions disciplinaires sous la pression de la quasi-totalité du CSE.
 
Les projets de programmes de lycée recueillent une majorité de votes favorables, y compris celui de SES.
 
1) Projets de décrets sur les sanctions disciplinaires
Contexte : à la suite des états généraux de la sécurité à l’école et des discours de N. Sarkozy sur le sujet, le ministère a entrepris de modifier le Code de l’Education (décret EPLE et décret relatif aux procédures disciplinaires.
Officiellement, il s’agit d’harmoniser les procédures sur le territoire, de redonner du sens aux sanctions par une plus grande progressivité et d’institutionnaliser des dispositions existant sur le terrain (mesures d’utilité collective, commission de vie scolaire). On ajoutera une commande « politique » de fermeté et d’autorité par l’introduction de l’obligation faite aux chefs d’établissement de :
- engager automatiquement une procédure disciplinaire en cas de violence verbale à l’égard d’un membre du personnel ou de nouvelle infraction au règlement intérieur si l’élève a déjà été sanctionné (au-delà de l’avertissement et du blâme)
- saisir automatiquement le conseil de discipline en cas de violence physique sur un membre du personnel ou de nouvelle infraction si l’élève a déjà été sanctionné par une exclusion temporaire de la classe et au-delà.
 
De fait, le texte hésite entre logique « sécuritaire » et logique éducative, présente des avancées positives mais aussi des incohérences, des imprécisions, des dispositions inacceptables et sa mise en application dans les établissements ne serait pas simple s’il restait en l’état !
 
Devant une avalanche d’amendements proposés par plusieurs syndicats (dont le SE et le SNPDEN) et la FCPE, et suite à une suspension de séance, le ministère a finalement accepté après 2 heures de débat, le report de ces textes en septembre et s’est engagé à mener une réflexion et une concertation plus approfondie. Dont acte.
 
2) Programmes de lycée
13 programmes étaient soumis à l’avis consultatif du CSE. Certains ont fait l’objet de vives discussions (SES, Histoire-géo en particulier) pendant la période de consultation, discussions relayées par les médias, toujours intéressés par ces 2 disciplines chères au cœur des journalistes.
Le SE-UNSA s’est positionné sur ces programmes en prenant en compte plusieurs critères (voir fin de la déclaration en pièce jointe). Il a apprécié l’écoute des groupes d’experts qui ont tenu très largement compte de nos remarques et plus largement des remontées des consultations. Il faut reconnaître que cette attitude est suffisamment rare pour être soulignée.
Globalement, ces programmes sont en phase avec les objectifs poursuivis par la réforme de la voie générale : plus grande porosité des séries, meilleure préparation à l’enseignement supérieur, développement de compétences s’appuyant sur des connaissances structurées, avec le souci de proposer des volumes de contenus compatibles avec les nouveaux horaires.
Le SE-UNSA a approuvé ces programmes. A noter que le SNES, qui, en séance, s’est souvent dit satisfait de leur évolution, a voté contre (sauf les arts et les sciences de l’ingénieur qu’ils ont soutenus) parce qu’ils sont « contre la réforme ». Un peu court !
 
SES. Le débat sur ce programme a été totalement obscurci par le lobbying forcené de l’APSES, qui a tenu un discours caricatural sur ce programme, dénonçant un programme « idéologique » (traduisez « de droite libérale »), encyclopédique, déséquilibré en faveur de la micro-économie et « dénaturant » la discipline SES.
Ces reproches ne résistent pas à un examen attentif et non partisan de ce programme :
- encyclopédique : le groupe d’experts a réduit d’un quart le programme et a abaissé les attentes dans les indications complémentaires suite à la consultation. L’APSES n’utilise d’ailleurs plus cet argument dans ces récents communiqués.
- Déséquilibré : 9 questions relèvent de la micro-économie, 9 de la macro. 90 heures sont dévolues à l’éco, 60 heures à la socio et 20 heures aux 2 objets pour lesquels le regard croisé est spécifiquement préconisé. Les programmes précédents étaient sur une base 70% éco, 30% socio. Et sans « regards croisés » explicites !
- Il existe un strict équilibre entre la présentation des mécanismes du marché d’une part et la présentation des défaillances et imperfections du marché d’autre part.
- De nombreuses questions contemporaines (chômage, répartition des revenus, politiques économiques, évolution des comportements politiques, analyses en termes de réseaux sociaux, etc.) ont été introduites ou rendues plus lisibles.
- Dénaturant la discipline SES : Il n’y a pas de « nature » absolue des disciplines et celles-ci évoluent en fonction des objectifs qui leur sont assignés à un moment donné. La pratique des regards croisés n’est pas autant mise en œuvre dans les classes que veut bien le dire l’APSES et les regards juxtaposés sont plus fréquents… mais les collègues ne le disent pas trop, de peur de passer pour des mauvais profs aux yeux des militants de l’APSES qui se présentent comme les gardiens du temple. Quant à la mise en activité des élèves et le travail sur document, absolument rien dans ces programmes ne les interdit ni ne les décourage. Le préambule du programme a explicité encore la liberté pédagogique des enseignants en précisant qu’ils pouvaient traiter en parallèle de questions sociologiques et économiques et que rien n’interdisait de traiter les « regards croisés » en cours d’année (leur place dans la rédaction du programme n’impliquant pas qu’ils soient traités en fin d’année).On peut compter sur la créativité pédagogique des enseignants. Faisons leur confiance, que diable !
 
Que les SES aient été l’objet de critiques et d’attaques dans les années passées de la part de défenseurs de l’idéologie libérale et de l’entreprise, personne ne le niera. Pour autant, cela ne justifie pas que des enseignants fassent un procès idéologique injustifié à leur tour. Au SE-UNSA, nous sommes persuadés que le jusqu’au boutisme de l’APSES nuit à la crédibilité des SES et de ses enseignants. Ce nouveau programme ne constitue pas une rupture pédagogique, ni une revanche idéologique.
 

 
 
 
 
ALC