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DĂ©crochage scolaire
Article publié le mercredi 28 janvier 2009.
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DĂ©crochage scolaire
 
X. Darcos annonce le recrutement de 5000 mĂ©diateurs de rĂ©ussite scolaire pour rĂ©duire le dĂ©crochage scolaire : le dispositif en dĂ©tail et diverses rĂ©actions.
 
En complément, la synthèse de la circulaire sur le décrochage scolaire parue au BO n°1 du 1er janvier 2009
 
MĂ©diateurs de rĂ©ussite scolaire :
X.Darcos s’est exprimĂ© le 22 janvier 2009 sur l’absentĂ©isme et les mesures qui permettraient de le rĂ©duire de 30% en un an dans les 100 Ă©tablissements les plus touchĂ©s et de le diminuer de 10% en un an dans les 215 quartiers de la politique de la ville. 
 
Extrait :
« Je n’hĂ©site pas Ă  le dire, l’absentĂ©isme est un vĂ©ritable flĂ©au qui mine l’avenir de nos jeunes, au moment mĂŞme oĂą ils ont souvent le plus besoin d’être soutenus et encadrĂ©es. Les expĂ©riences dĂ©jĂ  nombreuses menĂ©es pour enrayer ce phĂ©nomène ont permis d’établir que son traitement nĂ©cessite une rĂ©ponse rapide et une information immĂ©diate et souvent rĂ©pĂ©tĂ©e avec les familles. Mais cela suppose que l’établissement scolaire ne se contente pas d’une simple information ou d’une convocation des familles, laquelle reste souvent sans effet. Les Ă©tablissements doivent pouvoir aller au contact des familles afin de discuter de la situation de l’élève absentĂ©iste et de permettre son retour rapide dans l’établissement scolaire. A cette fin, nous allons lancer sans dĂ©lai le recrutement de 5.000 « mĂ©diateurs de rĂ©ussite scolaire Â», Ils seront recrutĂ©s sur des emplois contrats aidĂ©s et devront comprendre les ressorts sociaux et familiaux des quartiers d’oĂą proviennent les Ă©lèves. Je veux que d’ici un an, nous ayons rĂ©ussi Ă  faire diminuer de 30% le nombre d’élèves absentĂ©iste des 100 Ă©tablissements oĂą ce phĂ©nomène est le plus flagrant. Et puis je veux aussi travailler avec Fadela Amara pour que nous soyons en mesure de rĂ©duire de 10% le dĂ©crochage scolaire dans les 215 quartiers de la politique de la ville et d’augmenter de 10% les solutions individuelles « positives Â» pour les dĂ©crocheurs repĂ©rĂ©s Â».
 
Le profil de ces médiateurs est déjà cadré et leur recrutement, déjà en marche.
Ces nouveaux emplois entrent dans le cadre de l'enveloppe attribuée aux 100.000 emplois aidés annoncés par le chef de l'Etat le 28 octobre dans le cadre de plusieurs mesures en faveur de l'emploi.
 
Contrats :
D'une durée de deux ans, renouvelable, ce seront des contrats de 26 heures par semaine.
Aucune condition de diplôme n'est requise, mais le profil (fiches de profil) attendu sera celui d'une personne ayant "une forte connaissance du milieu" dans lequel elle travaillera. Ils pourront être du même profil que les médiateurs recrutés dans les mairies.
 
RĂ©munĂ©ration, formation :
Au smic minimum et auront une formation en fĂ©vrier par l'Education nationale  et une prise de fonctions en mars 2009, "pĂ©riode Ă  laquelle l'absentĂ©isme est le plus fort".
 
Affectation :
Ils seront affectés "par groupes de trois, quatre ou cinq médiateurs par établissement", sous la responsabilité des CPE" et prolongeraient l'action des conseillers principaux d'éducation" en allant physiquement jusque chez un jeune qui n'aura pas été assidu (à partir de quatre demi journées d'absence non justifiées dans le mois).
Ces 5.000 agents iront dans 215 quartiers déjà ciblés, où se trouvent 332 collèges ou lycées et dans lesquels l'absentéisme et le décrochage (plus de 10 demi-journées d'absence dans le mois) sont les plus forts.

Pour information (Sur la base du BOP vie de l’élève 2007-2008) :
"L'absentéisme est un fléau qui mène les élèves à l'échec. Les chiffres ne sont pas bons", indique le ministre: "En 2007, 2,4% des collégiens étaient absentéistes, 4,6% des lycéens et 10,9% des lycéens professionnels."
 
Lire ensuite :
Les différentes réactions de la branche CPE du SE-UNSA, de notre fédération, du syndicat des assistantes sociales de l’éducation nationale SNASEN – UNSA (en pièce jointe), la FCPE (fédération de parents d’élèves).
 
Avis de la branche des personnels d’éducation du SE-UNSA.
Ce passage du discours du ministre, du 22 janvier 2009, choque particulièrement les catégories qui traitent en priorité l’absentéisme comme les CPE, les assistantes sociales, aidés par les surveillants ou les professeurs principaux dont c’est une préoccupation majeure et constante.
Elles rĂ©agissent "violemment" Ă  ces annonces qui semblent nier les efforts dĂ©jĂ  engagĂ©s pour lutter contre ce « flĂ©au Â».
A penser que ce sont quelques jeunes gens et jeunes filles sortis du chapeau, sans doute bien introduits auprès de certaines familles ou certains milieux difficiles d’accès, qui vont résoudre en un an ce que les meilleures volontés, des meilleures équipes éducatives n’ont pu juguler en 30 ans, relève au mieux d’une grande naïveté ou au pire d’une véritable duperie.
Ce ne sont pas les directives plutôt claires qui manquent pour résoudre ce problème, c’est d’abord le manque de personnes missionnées et qualifiées et par déclinaison de temps.
 
Il n’est donc pas sérieux de la part d’un ministre d’affirmer que son annonce va révolutionner le monde de la vie scolaire et des établissements, dans la lutte contre l’absentéisme.
Et cela d’autant plus, qu’au même moment, il détruit ce service par des recrutements de CPE et d’AS qui ne permettent déjà pas de remplacer les départs en retraite.
 
Les CPE et les assistantes sociales ont les bonnes compétences (ces dernières ont notamment le droit de se rendre chez les parents de ces élèves absentéistes) et travaillent ensemble dans les établissements pour faire échec à cette fuite des élèves. Ce sont forcément ces personnels qu’il faut renforcer en premier lieu, afin qu’ils puissent conduire leurs missions à bien.
 
Position du SE-UNSA
Parmi nos avis sur le discours du 22 janvier, celui particulièrement sur les nouveaux mĂ©diateurs: « C’est la seule vraie nouveautĂ©, elle rĂ©side dans les 5000 « mĂ©diateurs de rĂ©ussite scolaire Â». Rien ne change : encore une annonce sans concertation avec les organisations reprĂ©sentatives des personnels et les fĂ©dĂ©rations de parents d’élèves. La lutte contre l’absentĂ©isme scolaire est un souci lĂ©gitime mais tout ce que l’on en sait milite pour une prise en charge par de vrais professionnels que ne pourront ĂŞtre, Ă  leur corps dĂ©fendant, ces 5000 personnels prĂ©caires et sans formation significative et au long court. Au-delĂ  de leur titre ronflant, quelles missions pour ces emplois aidĂ©s? Substitution Ă  des personnels dĂ©jĂ  existants, notamment ceux  intervenant particulièrement en ce domaine (CPE, personnels mĂ©dico-sociaux…)? Intervention en complĂ©ment et, si oui, avec quelles compĂ©tences? Il semble bien, pour le SE-UNSA, que l’annonce prime sur la rĂ©flexion.
 
Position de notre fédération UNSA Education
"Aucune discussion ne s'est ouverte sur le rôle et la formation de ces 'médiateurs'", dénonce pour sa part l'UNSA-Education, "alors que des professionnels de l'éducation comme les conseillers principaux d'éducation et les assistantes sociales jouent un rôle essentiel auprès des familles". Alors que ces derniers "réalisent un travail d'équipe approfondi avec l'ensemble des équipes éducatives", "leur renforcement aurait été une réponse plus appropriée mais il aurait fallu que le ministre échappe au dogme des suppressions d'emplois", déplore le syndicat.
 
Ecouter aussi :
 
Position de la principale fédération d’élèves FCPE
Pour le président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) Jean-Jacques Hazan, "on a supprimé 45.000 emplois-aidés et des milliers de postes d'enseignants et de personnels dans les établissements. Qu'on redécouvre les vertus des emplois-aidés, c'est bien mais le compte n'y est pas". Par ailleurs, selon lui "l'absentéisme a plusieurs causes -sociales, familiales, pédagogiques- qu'il faudrait traiter avant de laisser filer les élèves". "Il faut plusieurs catégories de métiers, assistantes sociales, infirmières, qui sont aujourd'hui dans un nombre tellement réduit que ce liant n'existe pas".
 

 
 
 
 
ALC